«Qu’est-ce qu’on va penser de nous ? » de Lucile Coda
France • 2023 • 66’
En présence de Marie France Aubert, programmatrice au Festival International du Film d’Amiens

« Il a été ouvrier, cantonnier, balayeur. Elle a toujours été secrétaire. Mes parents s’inquiètent. Pourquoi n’ai-je pas de travail après de longues études si chères ? En mêlant le récit autobiographique à des instants de vie familiale, je tente de retranscrire le chemin parcouru entre rêves d’ascension sociale et désillusion ». (Lucile Coda)

L’avis de Tënk voir
Zénith de Paris : remise des prix d’une prestigieuse école de commerce, clip travaillant le sensationnel et jeunes diplômés en délire. Besançon : nettoyage des rues au petit matin dans l’un de ces si caractéristiques véhicules municipaux. À travers ces deux premières séquences la cinéaste Lucile Coda condense avec une grande justesse la démarche de son film. Ou comment cette jeune femme qui s’est, par sa réussite scolaire et le soutien indéfectible de ses parents, arrachée à son milieu social d’origine, interroge la violence sociale et l’hypocrisie méritocratique. Revenant là où elle a grandi, Lucile Coda retraverse son parcours de transfuge de classe et de lesbienne et raconte avec une grande acuité l’omniprésence de la honte. Au fil de la vie quotidienne et des séquences de dialogues se dessine au long cours le cheminement vers l’affirmation de son désir profond. Un film aussi modeste formellement qu’émouvant et juste dans sa façon de se construire avec son père Philippe et sa mère Viviane.Caroline Châtelet
journaliste, critique dramatique
Le mot du jury du Prix des Écrans Documentaires :
« Film concret et direct, traversé de tendresse et d’amour, Qu’est-ce qu’on va
penser de nous ? se déploie comme un retour de Lucile Coda dans la
maison où elle a grandi. Dans une forme simple mais précise, avec une
confiance absolue dans son sujet et ses protagonistes, ce film n’est pas un
film sur des personnages, en l’occurrence les parents de la réalisatrice, mais
un film construit avec elle eux. Nous avons été saisis par la façon dont Lucile
Coda traduit cinématographiquement cette relation de distance et de
proximité avec son père Philippe et sa mère Viviane. Loin des récits
convenus de transfuge de classe, le film interroge avec une grande justesse
et sensibilité la violence sociale de notre société contemporaine et
l’hypocrisie de la méritocratie. En se construisant dans la durée, le tournage
change des dynamiques à l’œuvre au sein d’une famille. Ce film devient alors
un lieu profondément émouvant de dialogue et de réparation. »

