Italie, Suisse, 2020, 80′

Oscar – presque plus un enfant – récupère de la ferraille pour son père qui la vend. Il passe sa vie dans des déchèteries sauvages où le reste des restes sédimente. Aux antipodes, juste à côté, il y a Stanley. Il nettoie l’église contre une hospitalité monnayée, il ramasse les fruits, mène les troupeaux, tout ce qui peut occuper son corps venu d’ailleurs. Entre Oscar, le petit Sicilien, et Stanley, le Nigérian, rien de commun en apparence. Sauf le sentiment d’être jeté au monde, de subir le même refus, la même vague écrasante de choix faits par d’autres.

L’avis de Tënk : Voir
Michele Pennetta nous raconte deux histoires qui suivent deux voies parallèles. Deux vies errant dans une solitude totale et l’absence de perspectives, partageant une île qui les retient prisonniers. Dans un arrière-pays sicilien désolé et stérile, raconté par la photographie habile de Paolo Ferrari, se meuvent ces deux âmes en peine, celles d’Oscar et de Stanley, toutes deux abandonnées par ceux qui leur avaient donné naissance. Leurs corps, pris dans la tension constante entre la fatalité d’un destin asphyxiant et l’épiphanie d’une vie qui s’autodétermine, ne trouvent un désir de liberté et de vengeance que dans de rares moments qui font résonner les vies des deux protagonistes l’une dans l’autre : Stanley danse sans réfléchir tandis qu’Oscar roule à toute allure sur son vélo. Dans un récit de regards, de silences et d’atmosphères, la caméra immerge le spectateur dans un cinéma d’écoute à la fois brut et poétique. Claudia Maci, Directrice de l’organisation du Festival dei Popoli
Né à Varese (Italie) en 1984, Michele Pennetta a obtenu un Master en réalisation cinématographique à la Haute École d’Art et de Design de Genève (HEAD) et l’École Cantonale d’Art de Lausanne (ECAL) en 2010. Son film de diplôme I cani abbaiano a été sélectionné dans plusieurs festivals. En 2013, il commence à collaborer avec Joëlle Bertossa et Close-Up Films et réalise le moyen métrage ‘A iucata qui remporte le Pardino d’Oro à Locarno, et est également nommé meilleur court métrage suisse. Le film continue sa carrière dans de nombreux festivals internationaux en obtenant notamment le Prix du meilleur film au Festival dei Popoli de Florence. L’intérêt pour son pays d’origine et pour l’actualité le portent à écrire et réaliser son premier long métrage Pescatori di corpi, sélectionné en compétition internationale au 69e Festival de Locarno. Son deuxième film, Il Mio Corpo, est sélectionné en compétition internationale au Festival Visions du Réel, ainsi qu’au Festival de Cannes dans la programmation ACID en 2020. (Source : Tënk)

