Royaume-Uni, 2011, 88′
Jake vit au milieu de la forêt, se promenant la plupart du temps et faisant la sieste dans les champs. Il survit avec parcimonie, en passant le temps grâce à des projets étranges, et vit le rêve radical qu’il avait jeune homme, et qu’il a mis deux ans à réaliser. Saison après saison, avec une vieille caméra 16 mm et de la pellicule noir et blanc, Ben Rivers capte la singularité spatiale et temporelle du quotidien de Jake, qui a choisi de vivre en ermite.
L’avis de Tenk : voir
La vie d’un homme reclus, sauf qu’ici, point de pénitence. Juste un choix de vie qui semble construit à la mesure de cet homme. Un récit à la temporalité hypnotique, contrebalancée par la matérialité du noir et blanc de la pellicule. Et le regard du réalisateur Ben Rivers qui rend ce temps tangible et réel, en gardant trace de cette vie simple et concrète.
Tantôt bricoleur, inventeur, artiste, jardinier, bûcheron, notre personnage endosse tour à tour bien des rôles et des savoir-faire. Une sorte d’homme du futur, low-tech pourrait-on dire, qui vivrait et fabriquerait des objets et ferait des choses et des gestes essentiels, pour se nourrir, se chauffer, habiter, penser, rêver. La grâce d’une vie qui se déroule. Juste ça. Un film qui raconte avec une grande beauté et vibrante intensité une manière d’être au monde.
Julia Pinget (Réalisatrice)
Ben Rivers
Né en 1972, Ben Rivers est un artiste britannique primé pour ses films dans de nombreux festivals. Il est notamment lauréat du Grand Prix à Art Basel pour son film « Sack Barrow » et a été sélectionné à la Mostra de Venise en compétition officielle pour « Two Years at Sea » en 2011. En 2013, il a fait l’objet d’un focus lors du festival Hors Pistes au Centre Pompidou. Ben Rivers tourne en 16mm. Il s’intéresse à des individus ou communautés vivant en marge de la société et propose un travail à la lisière du documentaire, frôlant l’ethnographie, doté d’une grande puissance visuelle. Ainsi, empruntant une voie plus picturale que narrative, son œuvre se place au cœur des enjeux contemporains où l’on constate l’émergence sensible d’une approche documentaire expérimentale, qui se nourrit d’apports artistiques multiples. Cette forme hybride lui a notamment permis de se déplacer de la traditionnelle salle de cinéma pour s’exposer dans les centres d’art à travers des installations.

