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Rétrospective Nicole et Félix Le Garrec. #1

    Rétrospective Nicole et Félix Le Garrec en lien avec

     

    En présence de Nicole Le Garrec

    17h00 : Remembrement de Nicole et Félix Le Garrec 1974, 60′ ,  en partenariat avec la galerie du Dourven (Entrée libre)        Restauration et buvette sur place

     

    Un diaporama réalisé en 1974 par Felix et Nicole Le Garrec, sur le remembrement.
    Suivi d’un échange avec Nicole Le Garrec.

     

    À partir des années 1950 et jusqu’au début des années 1980, l’État français a redessiné et redistribué les terres agricoles, dans le but affirmé d’opérer des gains de productivité et de moderniser l’agriculture à marche forcée. Il s’agissait de regrouper de petites parcelles agricoles, pouvant appartenir à différents propriétaires, en parcelles de plus grande taille, afin d’accroître la rentabilité des cultures, en repensant les voies de desserte, en faisant disparaître les bosquets, les haies, considérés comme des obstacles à la mécanisation ou en asséchant les mares.Le remembrement, pointé du doigt par ses opposants pour son caractère autoritaire, est à l’origine d’une modification profonde du paysage des campagnes françaises et de graves atteintes des milieux naturels, notamment des inondations fréquentes. En 1974, Félix et Nicole Le Garrec sont alertés sur le caractère conflictuel de la question par Loeiz Ropars.
    Les photographies et les archives sonores qui composent le diaporama de Félix et Nicole Le Garrec, prises pendant la lutte de l’année 1974, à Trébrivan (Côtes-d’Armor) et à Plonévez-du-Faou (Finistère) rendent compte de l’atmosphère tendue de l’époque, opposant les partisans de cette grande réforme foncière et agraire, tenants d’un grand « progrès » et pour la plupart de « petits » exploitants agricoles, qui défendaient déjà l’utilité de leurs talus et de leurs champs.Le couple, connu pour Plogoff, des pierres contre des fusils , film documentaire référence et contemporain de la lutte antinucléaire dans le Cap Sizun, donnaient, quelques années auparavant, la parole à celles et ceux qui se mobilisaient contre le remembrement en Centre-Bretagne. « Il y a cette archive audio incroyable, dans le diaporama, où un paysan explique que les métreurs ne viennent jamais sur le terrain », souligne Erwan Moalic, de l’association Les Amis de Nicole et Félix Le Garrec, illustrant le caractère vertical de l’application des décisions et du plan. » (Ouest-France, Marion GONIDEC, publié le 16/01/2024).

    Précédé de : L’étape du remembrement dans le pays Bigouden (30′), réalisé par Armand Chartier en 1964.

     

    20h30 : Plogoff, des pierres contre des fusils de Nicole et Félix Le Garrec 1980,1h50′ [ 5€ / 3€ (étudiant, demandeur demploi) ] Suivi d’un échange avec Nicole Le Garrec.

     

    Plogoff, février 1980. Toute une population refuse l’installation d’une centrale nucléaire à deux pas de la Pointe du Raz, face à l’Île de Sein, dans cette baie d’Audierne ouverte sur l’Atlantique. Six semaines de luttes quotidiennes menées par les femmes, les enfants, les pêcheurs, les paysans de cette terre finistérienne, désireux de conserver leur âme. Six semaines de drames et de joies, de violences et de tendresses… L’épopée des gens du Cap Sizun, face aux pressions de notre société moderne.

    voir :

     

    Née le 29 mai 1942 à Plogastel Saint-Germain (Finistère), Nicole Le Garrec est une technicienne de la photo et du cinéma puis cinéaste de la Bretagne avec son mari Félix Le Garrec, photographe.[…]

    Les années 1968 vinrent bousculer cet équilibre traditionnel. Nicole et Félix Le Garrec vendirent leur magasin et se lancèrent dans l’audiovisuel. Avec René Vautier, ils fondèrent en 1969 l’UPCB (Unité Production Cinéma Bretagne) qui avait pour ambition de développer un cinéma profondément ancré dans la région. La première collaboration de Nicole Le Garrec et René Vautier se fit autour de la réalisation de Mourir pour des images (1971), évocation du chef-d’œuvre documentaire de Raymond Vogel tourné à l’île de Sein, La Mer et les Jours (1958) pendant lequel l’assistant réalisateur, Alain Kaminker (frère de Simone Signoret), se noya. Nicole Le Garrec fut de plus scripte sur Avoir vingt ans dans les Aurès en 1972 puis co-réalisa avec Vautier, en Tunisie et en Bretagne, La Folle de Toujane, sorti en 1974, et dans lequel ses parents improvisent plusieurs scènes en breton. En 1975, elle participa également à la réalisation de Quand tu disais Valéry, soutenu par le centre de culture populaire de Saint-Nazaire (à majorité CGT). Ce documentaire retrace deux années de grève et mobilisation des ouvriers de l’usine de fabrication de caravanes Caravelair, à Trignac (Loire-Atlantique), menées par une intersyndicale CGT-CFDT.Nicole Le Garrec réalisa aussi, à partir des photographies de son mari, plusieurs diaporamas sonores sur la lutte contre le remembrement des terres en Bretagne, la langue bretonne ou encore les ardoisiers de Comana dans les Monts d’Arrée. Au début des années 1970, le couple diffusa ces diaporamas dans toute la Bretagne, dans des cafés, des églises ou en plein air, devant un public nombreux et passionné. Hormis celui sur la langue bretonne, ces diaporamas sont aujourd’hui introuvables. Le renouveau régionaliste et leur pratique artistique amenèrent de plus Félix Le Garrec à réaliser d’ambitieux diaporamas pour les concerts et spectacles du musicien et chanteur Alan Stivell lors de ses tournées en France et en Europe.

    En 1971, Nicole et Félix Le Garrec achetèrent une vaste ferme dans la campagne de Plonéour-Lanvern, au lieu-dit Kerlamen, qu’ils rénovèrent et qu’ils équipèrent d’une salle de projection, d’un studio et d’une salle de montage. Cette « ferme-cinéma » devint l’un des épicentres du renouveau du cinéma en Bretagne durant les années 1970 et 1980. S’y croisèrent des paysans travailleurs actifs dans la grève du lait, des réalisateurs et des comédiens, des critiques et techniciens du cinéma de passage à Quimper ou des musiciens tels Alan Stivell, Dan Ar Braz et Gilles Servat. La ferme cinéma de Kerlamen accueillit Juliet Berto, Bertrand Tavernier, Paul Grimault ou Michel Ciment et le couple entra en amitiés avec Alexandre Trauner, Jean Aurenche et Jacques Demy.

    En 1977, Félix et Nicole Le Garrec s’éloignèrent de l’UPCB (qui ferma définitivement ses portes en 1981) et créèrent leur propre société de production Bretagne Films au sein de laquelle Nicole réalisa plusieurs documentaires, avec Félix à l’image : Diwan (1977) sur les écoles Diwan, Mazoutés aujourd’hui… (1978) sur le naufrage de l’Amoco Cadiz, et Le Santik Du (1979), chronique d’un mois de vie des pêcheurs à bord d’un thonier-ligneur.En 1980, Nicole Le Garrec réalisa Plogoff, des pierres contre des fusils, consacré aux six semaines de lutte contre l’installation d’une centrale nucléaire dans le petit village de la Pointe du Raz. Réalisé sans véritables moyens et avec une équipe réduite (Félix Le Garrec à l’image, Jacques Bernard au son, Nelly Quettier et Claire Simon au montage), Des pierres contre des fusils trouva un distributeur et sortit en salles. Le succès de ce documentaire qui privilégie l’engagement des femmes dans la lutte, fut immédiat et de longue durée. Après un triomphe au festival de Douarnenez, plus de 100 000 spectateurs découvrirent ou revécurent une lutte emblématique de la fin des années 1970 et du début des années 1980. Suite à l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République, le projet d’installation d’une centrale nucléaire dans le sud-Finistère fut définitivement abandonné.

    Toujours dans le sillage de l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand et dans le cadre des lois sur la décentralisation, cinq ateliers régionaux cinématographiques furent créés en 1983. Félix Le Garrec fut nommé directeur de l’Arc Bretagne à Quimper et Nicole, qui y fut bénévole pendantune décennie, y réalisa plusieurs documentaires dont : Languivoa (sur la restauration d’une chapelle bigoudène, 1984), Ar C’hoari Ch’aloj (La galoche, co-réalisé avec Pol Tuner, 1987), Les Enfants dauphins (1990), La Porte du Danube (1993) et Pierre-Jakez Hélias l’émerveilleur (1995). Nicole et Félix Le Garrec ont publié trois livres où Félix signe les images et Nicole le texte : Le Siècle des bigoudènes, Éditions Blanc Silex, 2000, Vivre et lutter pour des images, éditions Coop Breizh, 2001, et Témoins silencieux en baie d’Audierne, éditions Vivre tout simplement, en 2017. Nicole n’a jamais été membre d’un parti politique ou d’un syndicat, même si elle se rendait aux réunions du parti communiste avant son mariage. Son engagement dans le mouvement social est lié à la réalisation de films documentaires, parfois militants, et aux nombreuses manifestations auxquelles elle a participé. Elle a ainsi beaucoup contribué à l’essor de l’audiovisuel en Bretagne, grandement lié aux mobilisations sociales, écologistes et culturelles.L’association Les Amis de Nicole et Félix Le Garrec mène des actions de valorisation du fonds d’atelier de Nicole et Félix Le Garrec, et notamment de leur fonds photographique, mis en dépôt au Port-Musée de Douarnenez depuis juillet 2018. En février 2020, leur film Plogoff, des pierres contre des fusils restauré avec l’aide de leur fille Pascale, et le soutien du Centre national du Cinéma et de l’image animée (CNC), est ressorti en salle, Nicole le présentant devant un large public, comme à Quiberon au cinéma Le Paradis.

    (Source : Périphérie)

    Date et heure

    sam 20 avril 2024 : 17:00
     

    Type d’évènement

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