En partenariat avec le Carré Magique, des projections en résonance avec des spectacles au Carré Magique :
En lien avec « Subjectif Lune » (Carré Magique le Jeudi 17 décembre 2026)
Deux films : entrée : 5€/3€, – 18 ans : entrée libre
« Opération Lune », Willian Karel
France • 2002 • 52′
Le réalisateur William Karel poursuit sa réflexion sur le rapport des États-Unis avec l’image, le cinéma et leur capacité à produire du « spectacle ». Quelle autre histoire peut se prêter à un tel regard que celle de la conquête spatiale, guerre d’image et de spectacle avant tout autre chose ? Et si ce n’était qu’une énorme supercherie initiée par les deux grandes puissances ?
Entre mensonges et vérités, ce film mêle des faits réels à d’autres, totalement inventés Jouant avec ironie et mensonge, il a pour but de divertir et de soulever le problème de l’utilisation des archives, à qui l’on peut faire dire ce que l’on veut.
Né en Tunisie, il fait ses études à Paris, avant de partir pour une dizaine d’années dans un kibboutz israélien. En 1981, de retour en France, il travaille durant près d’une dizaine d’années en tant que reporter-photographe pour les agences de presse Gamma ou Sygma. Dès 1988, il décide de troquer son appareil pour une caméra et se lance dans la réalisation de sujets documentaires pour le compte des émissions Envoyé Spécial et La Marche du Siècle. Continuant de faire ses armes sur des programmes télévisuels, il participe par la suite, entre 1993 et 1995, aux dossiers des Brûlures de l’Histoire, avec en autres J.F. Kennedy (1993) ; La Controverse Aaron-Sartre ; La Nuit des longs couteaux (1994) ou 8 mai 1945 : une journée particulière (1995). Entre temps, Karel signe le stupéfiant Jamaïque/FMI : Mourir à crédit (1994), co-produit par Arte (la chaîne deviendra par la suite son collaborateur privilégié) où il démonte et expose, par le biais d’une mécanique rigoureuse, le rôle joué par le Fond Monétaire International et sa mise en place d’une politique économique de libre marché dans la situation d’endettement extrême à laquelle est soumis le pays. Enchaînant avec La Mort en face (1995), Contre l’oubli, Mourir à Verdun (1996) ou Une terre deux fois promise : Israël/Palestine (1997), le documentariste en profite aussi pour achever ses portraits d’écrivains (Albert Cohen, Primo Levi…) initiés pour la collection cathodique Un siècle d’écrivains. Par la suite, Karel se lance dans un triptyque consacré à la politique française, et en particulier à trois de ses figures emblématiques :Jean-Marie Le Pen dans Histoire d’une droite extrême (1998), François Mitterand dans Mitterand, un mensonge d’État (2001) et Valéry Giscard d’Estaing dans VGE, le théâtre du pouvoir (2002). Devenu un spécialiste des affaires d’état, il poursuit par la suite ses investigations jusqu’aux États-Unis avec Les Hommes de la Maison Blanche (2000), un voyage passionnant au cœur des arcanes de la diplomatie américaine ; Dark Side of the Moon (Opération Lune, 2002), un faux documentaire (docu-menteur) sur la conquête spatiale et Hollywood ; CIA : Guerres secrètes (2003) ou les coulisses édifiantes de la célèbre agence d’espionnage ; Les Derniers Jours du sénateur McCarthy (2004) qui retrace la chute de l’homme à l’origine du climat de paranoïa emblématique des fifties ; et Le Monde selon Bush, puissant pamphlet d’une efficacité et d’une rigueur sidérantes, dressant le bilan de la politique du gouvernement du 43e président. Largement encensé par la critique, ce dernier documentaire contribue à faire connaître au grand public le méticuleux travail documentaire de Karel, que l’on compare souvent bien à tort au démago Michael Moore. Il reçoit en 2003 le prix Europa pour l’ensemble de son œuvre. C’est à ce titre que son prochain film, La Fille du juge (2005) bénéficie d’une plus large distribution en salles. Délaissant le principe de l’enquête au profit d’un récit intimiste, Karel s’appuie ici sur l’évocation de Clémence Boulouque, fille du célèbre juge anti-terroriste, de ses souvenirs personnels, tel un livre ouvert, entre témoignage et images d’archives. […] Avec Blanche Finger, il a notamment réalisé la série documentaire Jusqu’au dernier : La destruction des Juifs d’Europe (2014).(Source : FIFA et Première) + Portrait de William Karel par Anne Chaon dans le n°42 de la revue « Astérisque » de la SCAM
« Out of the Present » Andrei Ujica
Allemagne, Belgique, France, Russie • 1995 • 95′
Mai 1991 : le cosmonaute soviétique Sergheï Krikalev s’envole pour la station orbitale MIR, qu’il va occuper pendant dix mois sous l’œil de quatre caméras. À son retour, l’empire soviétique a disparu, éclaté, démantelé. Pendant son séjour dans l’espace, pour ainsi dire hors du présent, une ère s’est éteinte, une autre est née. Ainsi Krikalev est-il devenu le premier cosmonaute à effectuer une mission pour un pays ayant cessé d’exister ! Le réalisateur relate, en parallèle à l’odyssée de Krikalev, les événements qui ont abouti au putsch de Moscou…
Andrei Ujica est un cinéaste singulier, sans caméra mais avec un regard, tout entier contenu dans la visionneuse et la table de montage. C’est un magnifique vautour qui se nourrit des images des autres – grandeur et utilité des vautours ! –, un condor posant son regard perçant sur des images qu’il reprend à son compte et redistribue par le montage. Voici une forme de remise en jeu des images, qui les déplace d’une première version de l’histoire pour les placer dans une autre et les travailler ainsi au présent. Rarement le fait de monter et de montrer des images aura été aussi lié. C’est ainsi qu’Ujica cinéaste devient, dans le même temps, un théoricien de l’histoire, la revoyant et la reformulant par l’ironie du montage, comme une “remise en scène”, selon l’expression d’Arnaud Hée, le premier critique français à avoir pointé l’originalité et l’importance du cinéaste. (Source : Catalogue 2017 du Festival International du Film de La Rochelle)


