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La Matinale : « Louis Malle, le rebelle » de Pierre-Henri Gibert

    Les Inscriptions ont fermées

    « Louis Malle, le rebelle » de Pierre-Henri Gibert

    France, 2015, 60′,                                               entrée 5€/3€, -18 ans entrée libre

    Petit-Déj offert à partir de 9h30

    De la France aux États-Unis, des fonds marins du Monde du silence (1955) à l’Inde de Calcutta (1969), des films historiques aux souvenirs d’enfance, l’œuvre de Louis Malle (1932-1995) parcourt des territoires divers mais offre toujours un regard contestataire sur le milieu bourgeois dans lequel il est né. Les extraits de ses films, les archives de ses entretiens ainsi que ses lettres et ses carnets retracent ici sa carrière de façon intime.

    Louis Malle s’intéresse à des personnages de marginaux dès Ascenseur pour l’échafaud (1957) et provoque le scandale avec les scènes d’amour des Amants (1958). Malgré le succès, le cinéaste, prompt à l’autodénigrement, traverse une dépression et pense même un temps incarner le personnage suicidaire incapable d’aimer du Feu follet (1963). Après des documentaires en Inde où il redécouvre la liberté de filmer – équipe réduite, 16mm, regard caméra comme une confrontation avec l’altérité – il explore de nouveaux sujets sulfureux avec l’inceste du Souffle au cœur (1971) et la Collaboration de Lacombe Lucien (1973). Aux États-Unis, Malle dénonce les hypocrisies d’une société qui tolère la prostitution enfantine dans La Petite (1978). Il revient en France pour interroger un souvenir d’enfance douloureux avec Au revoir les enfants (1987). Derrière le goût de la provocation, Louis Malle est avant tout le cinéaste d’une jeunesse innocente qui découvre la corruption du monde.

    (Martin Drouot)

    Louis Malle

    Né le 30 octobre 1932 à Thumeries (Nord) dans une grande famille d’industriels du sucre, Louis Malle étudie dans différents internats catholiques durant l’Occupation. Élève à l’IDHEC, il coréalise avant la fin de ses études Le Monde du silence avec le commandant Cousteau. À 24 ans, il est lauréat de la Palme d’or du Festival de Cannes en 1956. Il tourne ensuite plusieurs films très différents d’un point de vue stylistique : son premier long métrage, Ascenseur pour l’échafaud (1957), est un polar classique dans sa narration mais très Nouvelle Vague dans son traitement, Zazie dans le métro (1960) est tiré d’un roman burlesque de Raymond Queneau. Vie privée (1961) dénonce la mythification d’une jeune star en prenant pour exemple l’actrice Brigitte Bardot, et Viva Maria ! (1965) est un film d’aventures humoristique avec Brigitte Bardot et Jeanne Moreau. La popularité de Malle est liée à ses films grand public de qualité, qui n’excluent pas une certaine audace.

    Cinéaste controversé… ou gentleman provocateur ?

    Louis Malle fait souvent scandale. On lui reproche tour à tour son dilettantisme, son refus des étiquettes, et surtout de s’attaquer au tabou de l’adultère (Les Amants, 1958), du suicide (Le Feu follet, 1963), le cynisme et l’art de pourfendre la bourgeoisie hypocrite dans Le Voleur (1967), de l’inceste (Le Souffle au cœur, 1971) où il évoque une relation romantique entre une mère et son fils, de la collaboration pendant la guerre (Lacombe Lucien, 1974).

    Parenthèse américaine

    En 1977, Louis Malle s’expatrie aux États-Unis, où il réalise sept films. Il continue à faire scandale : La Petite (1978), avec la jeune Brooke Shields, évoque la prostitution enfantine, Atlantic City (1980) décrit des anti-héros paumés dans une Amérique déboussolée. Entre My Dinner with André (1981) et Alamo Bay (1985), Malle confirme son savoir-faire en tournant Crackers (1983), un remake du Pigeon de Mario Monicelli.

    Une œuvre d’auteur intime

    De retour en France, Louis Malle retrouve le succès critique et public avec Au revoir les enfants (1987), partiellement autobiographique, puis Milou en mai (1989), une œuvre intimiste traversée par la figure maternelle. Après Fatale (1992), il retourne aux États-Unis tourner son dernier film, Vanya, 42è Rue (1995), où il retrouve Brooke Shields.

    Louis Malle documentariste

    Cinéaste éclectique, Louis Malle a également continué à réaliser des documentaires, un genre qu’il aborde avec un regard insolite : les laissés-pour-compte du Tour de France cycliste (Vive le Tour, 1962), la faune humaine de Calcutta (L’Inde fantôme, 1969), la société broyeuse d’individus (Humain trop humain, 1972), la Place de la République (1973), la mentalité béate et intolérante de l’Amérique profonde (God’s Country, 1985 ; À la poursuite du bonheur, 1986). Un regard de cinéaste engagé et profondément humain, qui alterne objectivité et jugement personnel.

    Louis Malle meurt le 23 novembre 1995 à Beverly Hills en Californie.

    Source : Radio France

     

    Pierre-Henri Gibert est un auteur de documentaires sur l’Histoire, l’Art et surtout le Cinéma.

    Il a réalisé entre autres, 1940, main basse sur le cinéma français, Rouge ! L’Art au pays des soviets et des portraits de Jacques Audiard, Alain Resnais, Henri-Georges Clouzot et plus récemment celui du peintre d’avant-garde Vassily Kandinsky à travers le prisme de la musique. Parmi ses œuvres les plus connues figure Viva Varda ! présenté au Festival de Cannes en 2023 et qui a reçu le Prix de la Meilleure œuvre française de documentaire de télévision décerné par le Syndicat de la critique.

    Ses films ont été présentés et primés dans de nombreux festivals internationaux tels que Toronto, Bologne, Montréal, Lumière, ainsi qu’au Festival du Film d’Histoire de Pessac où a été distinguée à deux reprises L’Image originelle, sa série d’entretiens filmés avec de grandes figures du cinéma contemporain (David Lynch, Marco Bellochio, Naomi Kawase, Xavier Dolan…).

     

    Date et heure

    sam 2 mai 2026 : 10:00
     

    Type d’évènement

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