Double Jeu #1 : « La Sociologie est un sport de combat » de Pierre Carles
France, 2001, 140 min
« Je dis souvent que la sociologie, c’est un sport de combat, c’est un instrument de self-défense. On s’en sert pour se défendre, essentiellement, et on n’a pas le droit de s’en servir pour faire des mauvais coups » (Pierre Bourdieu) Il y a les témoins du monde, ceux qui disent tout haut ce qu’on pense plus bas, ni gourous, ni maîtres, mais qui considèrent que la cité, le monde, peuvent être pensés. Le sociologue Pierre Bourdieu est de ceux-là. » Pendant trois ans, la caméra de Pierre Carles l’a suivi dans des situations d’échanges différentes : partager quelques minutes d’entretien avec Günter Grass, assister à une conférence animée avec les habitants d’une banlieue ouvrière, suivre ses rapports avec ses étudiants, ses collaborateurs, plaidant pour une sociologie inscrite dans la cité. C’est une pensée qui se déploie comme familière, à côté de nous, et toujours abordable, celle d’un intellectuel français qui choisit de penser son temps.
Pierre Carles : Après des études d’animation socio-culturelle et de journalisme à Bordeaux dans les années 80, j’ai travaillé comme caméraman d’actualité (JRI) à France 3 régions puis chroniqueur dans les émissions de Bernard Rapp sur Antenne 2 ( L’Assiette anglaise, entre autres).En 1994, j’ai réalisé mes premiers courts métrages documentaires dans l’émission belgo-française Strip-Tease (dont Le désarroi esthétique et Pizza americana, sélectionné au festival Traces de vies). En 1998, j’ai sorti un premier long métrage, Pas vu pas pris (sélection ACID à Cannes, festival de Locarno, 170 000 entrées en salles), récit autobiographique d’une censure mettant en cause les chaînes de télévision françaises, dont Canal +.En 20 ans, j’ai réalisé une dizaine de films sortis au cinéma, dont le portrait du sociologue Pierre Bourdieu La sociologie est un sport de combat (2001, festival Cinéma du réel, 100 000 entrées en salles) ou Attention danger travail (2003) et Volem rien foutre al païs (2007), coréalisés par Christophe Coello et Stéphane Goxe, deux longs métrages portant un regard critique sur le salariat et la société de consommation. Mon dernier film, Le Rond-point de la colère (2019, réalisation collective, sélectionné au FLIMM), documente la vie d’un rond-point du sud de la France occupé par des gilets jaunes à partir des images des téléphones portables des manifestants. En 2021, j’ai été élu au conseil d’administration de la SCAM comme représentant du cinéma documentaire. (Source : Pierre Carles)

