États-Unis / 1955 / 87 ‘, entrée : 5€/3€ – 18 ans : entrée libre
D’après le roman Moonfleet de John Meade Falkner.
Avec Stewart Granger, George Sanders, Joan Greenwood, Jon Whiteley.
Le jeune John Mohune est envoyé à Moonfleet, lointain village de bord de mer, pour y retrouver Jeremy Fox, un ami de sa mère. Il découvre que Fox est le chef des contrebandiers.
Premier film en Scope de Lang et retour à la MGM pour y tourner un petit film d’aventures avec Stewart Granger, star maison habituée à ce type de rôle. Résultat, dixit Patrick Brion : « Un superbe film de studio. Un pur film d’auteur. » (Frédéric Bonnaud)
Depuis Fury (1936), Fritz Lang n’avait plus tourné dans les studios de la MGM. Seul film dans la carrière du réalisateur tourné en CinemaScope – procédé dont il dit dans Le Mépris que « ce n’est pas fait pour des hommes [mais] pour des serpents ou les enterrements » –, Les Contrebandiers de Moonfleet se démarque de l’exploitation souvent conventionnelle qui en est faite par son utilisation restrictive, voire détournée. Lang y redéfinit sans relâche le cadre. Il réprime, défie ou atténue les étirements horizontaux induits par le procédé en traçant des cercles comme autant de focales plus ou moins fermées. Les hauteurs rendues plus réduites se conforment à un ciel écrasant et une lande aux arbres pliés par le vent. Sur l’écran large aux extrémités souvent plongées dans la pénombre, John Mohune avance à tâtons jusqu’à trouver l’explication rationnelle des mystères et superstitions qui ne s’avèrent que des zones d’ombre sur lesquelles la lumière n’a pas été jetée. Lang s’adapte ainsi magistralement aux contraintes imposées par la MGM pour extraire du scénario un joyau de mise en scène. Néanmoins, à sa sortie en 1955, Les Contrebandiers de Moonfleet est un échec commercial. Le public boude ce qu’il croit être un film de série. Il faudra attendre sa sortie en France en 1960 pour que le film connaisse un succès à la fois critique et populaire.
Mehdi Taïbi La cinémathèque
Fritz Lang : actif de l’aube des années 1920 jusqu’à celle des années 1960, débutant et terminant sa carrière en Allemagne par-delà une longue et fructueuse escale aux États-Unis, Fritz Lang fut un cinéaste total, l’immense architecte des forces invisibles qui se liguent pour faire ployer la condition humaine. Avec Metropolis, Les Contrebandiers de Moonfleet, M le maudit, il a réalisé certaines des œuvres les plus puissantes, à la fois plastiquement et philosophiquement, que compte l’histoire du cinéma. voir Biographie
À sa fondation en 1960, à Paris, Inter Film encouragea et favorisa, dans la capitale et en Île de France, la création d’un nombre important de ciné-clubs indépendants à la recherche d’une nouvelle structure fédérale. Prenant rapidement, par son développement, une dimension nationale, Inter Film devint l’une des grandes fédérations du Mouvement Ciné-Club en France, aussitôt agréée et ‘habilitée à diffuser la culture par le film’, par le Ministère de la Culture et le Ministère de la Jeunesse et de la Vie Associative.