États-Unis – 1980, 123′ entrée : 5€/3€ – 18 ans : entrée libre
Dans un immeuble de New York, une famille est sous pression. Le père, comptable pour la mafia, a parlé à la police et mis ainsi ses proches en danger. Au jeune Phil, il donne le livre dans lequel est consigné tout ce qu’il sait, et l’enfant est confié à Gloria, une voisine. La famille est exécutée, Phil et Gloria s’enfuient. La mafia, avec laquelle Gloria a été très liée, se lance à leurs trousses afin de récupérer le livre et d’éliminer Phil. Les destins de la femme et de l’enfant sont désormais noués, au départ sous la contrainte des circonstances puis, progressivement, par une alliance affective. Gloria défend Phil au péril de sa propre vie, mettant la mafia en échec. Mais le filet se resserre. Au terme d’une suite d’échappées, de confrontations et de tentatives vaines de quitter New York, Gloria va essayer de
parlementer avec Tony Tanzini, un ponte de la mafia qui fut son amant. Lorsqu’elle repart, les sbires de Tanzini tirent sur l’ascenseur dans lequel elle s’enfuit. Pendant ce temps, comme convenu, Phil part seul à Pittsburgh. Arrivé à destination, il se rend dans un cimetière pour saluer Gloria, qu’il croit morte. Elle y réapparaît, déguisée en grand-mère. Phil et Gloria s’étreignent.

John Cassavetes (1929-1989)
Fils d’un homme d’affaires grec, il débute sa carrière comme comédien, en 1953. On le remarque dans Face au crime (Don Siegel, 1956), l’Homme qui tua la peur (Martin Ritt, 1957) et Libre comme le vent (Robert Parrish, 1958), mais c’est en rupture complète avec Hollywood qu’il réalise son premier film Shadows. Photographié en extérieurs réels, il porte l’empreinte d’une nouvelle écriture cinématographique : le plan long, débarrassé des ellipses narratives, plié au rythme du langage parlé. Le montage même n’échappe pas à cette règle d’un travail en perpétuelle évolution. Un détail qui a son importance : la musique souligne à merveille le swing de la caméra. Ce premier film devient le porte-drapeau de la nouvelle vague américaine.En 1967, John Cassavetes joue dans The Dirty dozen de Robert Aldrich, puis, en 1968, dans Rosemary’s baby de Roman Polanski. Il revient ensuite à un cinéma artisanal, hors Hollywood. Faces (1968), réalisé sans argent, constitue un de ses chefs-d’œuvre. Reconnu, Cassavetes entre dans une période faste. Il tourne Husbands (1970), la dérive de trois hommes mariés avec Peter Falk et Ben Gazzara ; Ainsi va l’amour (1971), Une femme sous influence (1973) où Gena Rowlands incarne une mère déchirée entre plusieurs rôles. Gloria (1980), un polar tourné à New York, est son plus grand succès public. Gena Rowlands y interprète une comédienne ratée et traquée par la Mafia. Meurtre d’un bookmaker chinois (1976), dans la même veine, met en scène Ben Gazzara en propriétaire d’une boîte de strip-tease dans un Los Angeles hanté par des tueurs. Après Opening Night (1978), réflexion pirandellienne sur le théâtre ou la vie, Cassavetes reçoit la consécration pour Love Streams (1983). Adapté d’une pièce de théâtre, le film dresse un bilan du couple Cassavetes-Rowlands. Le cinéaste y développe ses thèmes traditionnels : la mort, la folie, la solitude. Il meurt brutalement en 1989.

À sa fondation en 1960, à Paris, Inter Film encouragea et favorisa, dans la capitale et en Île de France, la création d’un nombre important de ciné-clubs indépendants à la recherche d’une nouvelle structure fédérale. Prenant rapidement, par son développement, une dimension nationale, Inter Film devint l’une des grandes fédérations du Mouvement Ciné-Club en France, aussitôt agréée et ‘habilitée à diffuser la culture par le film’, par le Ministère de la Culture et le Ministère de la Jeunesse et de la Vie Associative.