« I am the blues » (Les Derniers Démons du blues), Daniel Cross
Canada • 2016 • 106′ entrée 5€/3€ – 18 ans : entrée libre
Little Freddie King, Bobby Rush, Barbara Lynn, Bud Spires et bien d’autres se sont frayés un chemin dans ces sonorités nées des dures conditions de travail de la population noire-américaine à la fin du XIXe siècle. Une parenthèse musicale devenue tendance majeure, sur les routes du grand Sud des Etats-Unis. De la Louisiane au Mississippi, à la poursuite des dignes représentants du blues, histoire et musique s’accordent, dévoilant une certaine réalité sociale. Des portraits vibrants, instruments à la main, où la communion et l’authenticité ne sont jamais loin.
« À cette époque de l’année, le samedi, les mecs noirs et les femmes, après les travaux des champs, venaient boire un verre au cabaret, danser et s’amuser. L’endroit était plein de musiciens, » se souvient Jimmy ‘Duck’ Holmes devant le Blue Front Cafe désormais désert. Un récit nostalgique et douloureux, partagé entre heures de gloire révolues et souvenirs vifs de la ségrégation. Interviewé comme tous les autres, guitare ou harmonica en mains comme si les instruments étaient une extension de leurs bras, Lil’ Buck Sinegal improvise quelques accords : « Ce que j’ai joué avant ? Je ne peux plus le jouer. Je ne le sens plus. Je sens quelque chose d’autre. Une fois joué c’est fini. » Alors que les légendes du blues se réunissent pour une série de concerts, les
corps empêchés, déclinants, retrouvent vigueur au contact des instruments. Les cordes et les voix s’emportent alors dans l’euphorie du moment. « C’est bon d’être avec de vieux amis, des gens que je n’ai pas vu depuis longtemps, » s’émeut Barbara Lynn. « Beaucoup de vieux bluesmens disparaissent doucement. Ils meurent et on peut oublier le blues, c’est sûr ! » déclarait Bud Spires avant de disparaitre à son tour. (Romain Hecquet)
Daniel Cross
Professeur agrégé et président du conseil de l’École de cinéma Mel Hoppenheim de l’Université Concordia (Canada), Daniel Cross, documentariste récompensé à de nombreuses reprises, a fait des débuts remarqués avec The Street (1997) et S.P.I.T. – Squeegee Punks in Traffic (2001). Cofondateur d’EyeSteelFilm, société de production et distribution de films documentaires à Montréal, il a produit plusieurs films récompensés aux Genie Awards et Emmy Awards. En collaboration avec huit étudiants inuit, il a coréalisé le film Inuuvunga : I am Inuk I am alive (2004). Daniel Cross a remporté le Trailblazer Award au MIPDOC à Cannes et le prix Mentor of the Year remis par la prestigieuse Canadian Media Producers Association.

