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« La colline » de Denis Gheerbrant, Lina Tsrimova

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    « La colline » de Denis Gheerbrant, Lina Tsrimova
    France, Belgique • 2022 • 77′          entrée : 5€/3€

    9h30 Petit déj offert, 10h00 : film

    Une colline au Kirghizistan parcourue par des hommes, des femmes, quelques enfants. Des fumées, des oiseaux, une déchetterie comme un Léviathan. Parmi eux, un ancien soldat, une mère éplorée, des jeunes privés d’avenir, font face à leur destin.

    « Rouslan Tsrimov peint, et écrit, pour donner à voir quelque chose dans la nuit. Cette nuit, c’est celle qui est tombée sur le peuple tcherkesse au mitan du dix-neuvième siècle, quand l’armée impériale russe a fini par faire capituler ce peuple de guerriers du Caucase Nord, qui fut l’un des derniers à résister à la guerre coloniale. La torche qui met un peu de lumière dans la peinture et dans les mots, c’est le mythe ancien qui, sous forme d’épopée, donna à ce peuple son imaginaire, son identité, sa morale. Cette épopée des Nartes, « noyau de la manière de vivre » des Tcherkesses, il s’agit pour Rouslan Tsrimov et quelques autres de la faire survivre par les moyens de l’interprétation : dans le geste du peintre, il y a la pointe extrême d’un mouvement impulsé par le récit des origines, la preuve durement gagnée d’une continuité possible à travers le néant des guerres et de l’extermination. La mise en œuvre modeste et limpide du film de Denis Gheerbrant, qui, avec Lina Tsrimova (la fille de Rouslan, poursuivant elle-même des recherches sur la guerre du Caucase), recueille sobrement les récits, est une sagesse symétrique à celle de ces gardiens de la mémoire. C’est cette continuité, redevable au travail de Rouslan et des autres, qu’il s’agit d’observer dans la parole et dans les paysages immémoriaux où elle est recueillie, comme dans les pages d’un livre qui, lentement déplié, forme l’image poignante du fil fragile par lequel la mémoire se maintient. »
    (Jérôme Momcilovic – Cinéma du réel)

    Denis Gheerbrant

    Après des études à l’Idhec, Denis Gheerbrant devient chef opérateur pour le cinéma (Jean-Pierre Denis, René Allio, Alain Bergala, Jean-Pierre Thorn). Il mène parallèlement un travail personnel de photographe. En 68, il rejoint le groupe de cinéma militant Cinélutte qui deviendra plus tard la société de production Les Films d’Ici, qui produira presque tous ses films. Il tourne son premier film, Un printemps de square, en 1981, avec de jeunes parisiens d’un quartier du 15e arrondissement.

    Son travail de cinéaste s’inscrit dans la continuité du cinéma direct, mais à la première personne. Denis Gheerbrant filme seul et rencontre avec sa caméra des mondes, les autres, dans des relations suivies ou des rencontres fortuites. Son engagement humain politique l’entraîne vers ceux, souvent des jeunes gens, qui affrontent et subissent la violence sociale, ou simplement physique : La vie est immense et pleine de dangers (1994) ; Grands comme le monde (1998), ou dans des explorations larges : et la vie (1991) ; Le Voyage à la mer (2002) ; Après – Un voyage dans le Rwanda (2004).

    En 2009, La République Marseille, suite de sept films, fait l’événement au festival Cinéma du réel. Cinq ans après sort sur les écrans On a grèvé, film sur la lutte de femmes de chambres qui affrontent le deuxième groupe hôtelier d’Europe.

    Film après film, son cinéma de la rencontre de l’autre s’affirme jusqu’à Mallé en son exil. Le cinéma de Denis Gheerbrant dessine une ligne très singulière, dans la lignée de Jean Rouch ou de Johan van der Keuken, qui a largement influencé le cinéma documentaire.

    Lina Tsrimova et Denis Gheerbrant

    En 2021, il tourne dans le Caucase un film sur le peintre Rouslan Trismov qui s’intitule Avant que le ciel n’apparaisse. Son long métrage La Colline où il filme une montagne de déchets au Kirghizistan mais surtout celles et ceux qui vivent à proximité, a fait partie de la sélection ACID Cannes en 2022. (Source : Tënk)

     

     

    Lina Tsrimova

    est née à Naltchik (Kabardino-Balkarie, Russie), où elle fait des études secondaires. Elle réalise son premier Master en journalisme à Moscou, puis, un Master et un Doctorat en histoire à l’EHESS (Paris). En parallèle de son Doctorat, Lina co-écrit le film AVANT QUE LE CIEL N’APPARAISSE avec Denis Gheerbrant. En 2022, son long-métrage LA COLLINE, co-réalisé avec Denis Gheerbrant, est programmé à l’ACID Cannes.

    Date et heure

    sam 28 février 2026 : 10:00
     

    Type d’évènement

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